Filage

Je bois un nescafé sous mon châle en alpaga, devant l’ordinateur … c’est décidé, je t’ecris, je me raconte.

L’ambiance d’hiver dans ce bureau glacé et sans lumière, la chaleur humide qui t’embue le corps lorsque tu sors. Les bruits, les odeurs. Je vais te dire tout ça.

La photocopieuse tourne maintenant de façon ininterrompue. Le ronron de la clim, quand elle s’eteint.

Y a des jours, j’ai juste pas envie de bosser. Et puis c’est le 14 juillet non ? Ici c’est plus tard la révolution, le 23 juillet je crois. Y a des repères comme ça, le café du matin, le début de semaine le lundi … le 14 juillet … c’est règlé … mais on oublie, on se déshabitue.

C’est culturel les madeleines ?

C’est l’été en France, je ne m’en aperçois même pas. Le feu d’artifice, les vacances, le Lot. J’ai la saveur dans la mémoire, un an déjà. Beaulieu …

Je suis ailleurs, dans un autre espace-temps. 

Au fond d’un bureau sans fenêtre et froid

dans l’immeuble Yacoubian

dans une ville africaine

dans une ville méditerranéenne

dans le Lot, à Nantes, à Paris …

Devant moi, le téléphone, pour appeler la secrétaire ou l’office boy.

Internet, pour le monde entier.

Je t’ecris, je m’ecris … c’est décidé, je serai multiple, et rassemblée.

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